Les liens et les points communs entre les mythes et les religions (1)

Les mythologies sont universelles, elles ont beaucoup plus en commun qu’on a voulu nous le faire croire dans les cours d’histoire.

 Les points communs des mythes anciens ont été utilisés politiquement pour réunir des peuples forts différents au cours de l’histoire humaine. Aujourd’hui, les religions divisent plutôt les peuples. On a souvent utilisé les grandes différences et les erreurs d’interprétations des textes pour justifier des guerres, ou pour justifier de se mêler de la politique d’un autre pays…

Découvrir des liens entre toutes les mythologies et croyances du monde implique une critique continue et un recoupement d’informations. Les liens sont souvent très subtiles, cachés. De nombreuses erreurs d’interprétations, confusions, voire « manipulations de l’histoire » compliquent les recherches et ne nous permettent pas d’encore de tout comprendre. Mais chacun peut contribuer à la réécriture de l’histoire de l’humanité !

L’un des récits le plus connus concernant le déluge est celui de la Genèse, pourtant les très nombreuses versions étudiées dans cet article (pour certaines beaucoup plus anciennes) nous permettent de reconsidérer sous divers angles son récit moralisateur et de redécouvrir ses véritables origines…

Le déluge a fait couler beaucoup d’encre, un bateau et un rescapé ont trouvé écho dans quasi toutes les mythologies du monde. L’un des récits le plus connus est celui de la Genèse, pourtant les très nombreuses versions étudiées dans cet article (pour certaines beaucoup plus anciennes) nous permettent de reconsidérer sous divers angles son récit moralisateur et de redécouvrir les véritables causes du déluge.
En Genèse 6:5-9, Yahvé envoie le déluge car les hommes sont mauvais de nature et il regrette de les avoir créés : 

« Yahvé vit que la méchanceté de l’homme était grande sur la terre et que son cœur ne formait que de mauvais desseins à la longueur de journée. Yahvé se repentit d’avoir fait l’homme sur la terre et il s’affligea dans son cœur. Et Yahvé dit : «  je vais effacer de la surface du sol les hommes que j’ai créés – depuis l’homme, jusqu’aux bestiaux, aux bestioles et aux oiseaux du ciel -, car je me repens de les avoir faits ». (Bible de Jérusalem).

On se rend compte très vite en étudiant les variantes des autres mythologies, que « dieux » est un terme qui regroupent plusieurs divinités. Dans la 11ème tablette de l’épopée de Gilgameš découverte à Ninive en Irak, Uta-napištî lui dévoile le récit du déluge. On apprend qu’un groupe de dieux ont décidé de lancer le déluge :

« Je vais te confier un secret des dieux !
Tu connais la ville de Šuruppak,
Sise [sur le bord] de l’Euphrate,
Vieille cité, et que les dieux hantaient.
C’est là que prit aux grands-dieux l’envie de provoquer le Déluge :
[Les instiga]teurs en étaient Anu, leur père ;
Enlil-le-preux, leur souverain ;
Leur préfet, Ninurta, et Ennugi, leur contremaître. »
(11ème tablette de l’épopée de Gilgameš, traduction de BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993).

D’autres textes découverts toujours dans la Bibliothèque de Ninive nous confirment ce fait. En comparant 3 copies réalisées par des scribes assyriens sur ordre du roi d’Assyrie Assurbanibal (datant du VIIème siècle avant notre ère), on a pu recomposer un poème original dont le héro principal est ‘Hasisadra, un analogue à Noé, qui a obtenu l’immortalité des dieux. Il s’adresse à Izdhubar (Gilgameš) :

« Je veux te révéler, ô Izdhubar, l’histoire de ma conversation et te dire la décision des dieux.
La ville de  Šurippak, une ville que tu connais,
Est située sur l’Euphrate ;
Elle était antique et en elle [on n’honorait] pas les dieux.
[moi seul, j’étais] leur serviteur, aux grands dieux.
[les dieux tinrent conseil sur l’appel d’]Anou.
[Un déluge fut proposé par [Bel]
[et approuvé par Nabou, Nergal et] Ninih. »
(« Le déluge de‘Hasisadra », traduction provenant de LENORMANT F., 2001)

Cette version nous confirme très clairement qu’Anou (An le dieu mésopotamien du ciel) est le dirigeant d’un conseil. Le dieu qui a lancé l’idée est Bel, soit Enlil, le dieu des vents. Le conseil a délibéré et la décision est irrévocable malgré que le fait que le dieu Ea (dieu créateur mésopotamien) ne soit pas d’accord. Ceci est confirmé par un texte sumérien traduit pour la première fois en 1914 par Arno Poebel, dont le héro du récit est Ziusudra (nom qui signifie une fois décomposé : ZI-U-SUD-RÁ = vie de jours prolongés). Selon les listes royales sumériennes, celui-ci régna sur la cité de Šurippak citée plus haut.

«  Le Déluge [va anéantir] les agglomérations et recouvrir leur capitale,
Pour détruire la rac. humaine : [Ainsi en a-t-il été décidé],
Décision ratifiée par l’assemblée et irrévocable !
Ordre porté par Anu et Enlil, et [inaltérable] :
Le Royaume des Hommes [sera détruit] »
(« Le déluge de Ziusudra », traduction provenant de LENORMANT F., 2001)

Ce Ziusudra se retrouve dans une version attribuée à Bérose, un scribe chaldéen (terme qui qualifie la région située entre les cours inférieurs de l’Euphrate et du Tigre où se sont formés Sumer et Akkad). Son nom est très proche de l’original : Xisouthros. Bérose a réalisé ce récit en se basant sur des livres sacrés de Babylone. L’œuvre est perdue mais on a retrouvé 2 résumés anciens attribués à Alexandre Polyhistor (un grammairien du 1er siècle av. JC ) et à Abydène, (un écrivain de la fin du 1er siècle après JC). Cette version comprend un passage novateur : Cronos (analogue grec d’Enki/Ea) annonce en rêve le déluge à Xisouthros et lui demande d’enfouir les écrits disponibles dans la ville du soleil de Sippara. Cette version reprend des passages biens connus du déluge tels que notamment la construction du navire, le lâcher d’oiseaux, le sacrifice réalisé sur la montagne où fait escale le navire (dans cette version ils arrivent en Arménie). Les compagnons de Xisouthros qui ont survécu vont déterrer les écrits, vont fonder de nombreuses villes, bâtir des temples et reconstituer Babylone.

Toujours dans la période qui précède le déluge, divers textes nous renseignent sur les catastrophes précédant le déluge. Dans le Poème akkadien d’Atras-Hasis, un des textes les plus anciens du déluge, on apprend qu’Enlil a décidé de mettre fin à l’humanité car elle était trop bruyante. Dans les premiers temps, Enlil envoie d’abord plusieurs fléaux tels que des épidémies et une grande sécheresse mais Enki est toujours présent pour aider l’humanité. Il s’en suivra le déluge provoqué par Ninurta le fils d’Enlil qui va laisser déborder les barrages célestes et Nergal (assimilé à Osiris/Horus vengeur) qui va arracher les étais des vannes d’en haut. Le déluge des Celtes se retrouve dans un texte qui s’appelle les Triades (poésie bardiques des Cymris du pays de Galles). On compte 3 catastrophes terribles de l’île de Prydain ou de Bretagne. Une correspond à la dévastation par le feu, l’autre une grande sécheresse et la dernière une grande inondation. Seul Dwyfan et Dwyfach vont survivre grâce à un vaisseau sans agrès et vont repeupler l’île de Prydain. Divers textes de par le monde nous signalent également des de tremblements de terre et d’une obscurité généralisée à toute la terre. On peut citer à titre d’exemple le livre ses secrets de Jean un des écrits de Nag Hammadi (NH II, 1 ; IV, 1) ou le livre de Popol-vuch qui est un recueil de traditions mythologiques des indigènes du Guatemala. Dans ce livre on raconte que la terre est secouée d’un terrible tremblement de terre. Le dieu de l’orage Hourakan fait pleuvoir sur la terre une résine enflammée. On peut considérer qu’il s’agit de chutes de météorites et des effets du passage à proximité de la terre d’un astre bruyant :

«  Les eaux, soulevées par le Cœur du Ciel Houracan, bouillonnèrent et un grand déluge s’étendit à tout le créé… De la résine enflammée tombait du ciel, la face de la terre devint noire, une pluie noire tombait jour et nuit ; et il y avait dans le ciel comme le bruit d’un feu tumultueux. Les gens couraient, s’écrasaient, grimpaient sur le toit des maisons, mais celles-ci s’écroulaient sous eux ; ils grimpaient aux arbres, mais ceux-ci les secouaient ; ils se cachaient dans les cavernes, mais celles-ci les écrasaient. L’eau et le feu détruisaient tout ».
(Traduction provenant de MEREJKOVSKI D., 1995)
« Dès l’aurore, il chut des petits-pains, et des averses de grains-de-froment au crépuscule ».
(11ème tablette de l’épopée de Gilgameš, traduction de BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993).

Quelques textes sont assez précis quand à la succession des destructions qui ont abouti au déluge universel. Citons le codex Vaticanus (un codex maya) qui est conservé à la bibliothèque du Vatican. Ce document distingue 4 grands évènements :
1) Tlatonatiuh (« soleil de terre ») : ce sont les géants ou les Quinamés les premiers habitants de l’Anahuac qui meurent de famine.

2) Tlétonatiuh (« soleil de feu ») : période qui correspond à la descente du dieu Xiuhteuctli. En aztèque Xiuhitl signifie météore. Ce dieu du feu, parfois représenté avec un oiseau turquoise au-dessus de sa tête et associé aux météores. Les hommes vont échapper au feu destructeur en se transformant en oiseaux. Un couple d’humains trouvent asile dans une caverne et repeuplent l’univers après cette destruction.

3) Ehécatonatiuh (« soleil de vent ») : un ouragan terrible provoqué par le dieu Quetzalcohuatl. Les hommes pour la plupart vont être transformés en singes au milieu de cet ouragan.
4) Atonatiuh (« soleil d’eau ») : Il se termine par une inondation, un déluge universel. Tous les hommes vont être transformés en poisson sauf un couple qui sont sauvés dans un bateau construit dans du cyprès. Sur le Codex on représente les 2 humains préservés du déluge Coxcox et Xochiquetzal. Ils sont assis sur un tronc et ils flottent au milieu de l’eau.

Revenons sur le récit du déluge concernant Ziusudra et attachons-nous à la figure du dieu Enki/Ea : dans ce récit, Enki et Nintu sont obligés d’accepter par un serment la décision de provoquer le Déluge, étant donné qu’ils font partie du conseil. Les textes de Ras Shamra (ancienne cité d’Ugarit) nous on livré également un récit intéressant du déluge, bien qu’il soit fragmentaire. Il nous précise la nature du serment fait par Ea : il est dit qu’ « il s’était engagé à ne rien dire à âme qui vive ». Cette raison peut expliquer dans une certaine mesure pourquoi Enki/Ea/Cronos prévient le Noé du déluge dans un songe. Il prévient en rêve Ziusudra/‘Hasisadra ou Uta-napištî de l’éminence du déluge afin qu’il construise un bateau lui permettant de survivre lui, sa famille, d’autres êtres humains, des animaux et des plantes variées. Ce rôle de poisson, nous le retrouvons notamment dans le Catapata Brâhmana (I, VIII, 1), un texte sacré de l’hindouisme qui évoque également le déluge. Ce texte a été traduit pour la première fois par M. Max Müller. Il nous relate la rencontre de Manu avec un poisson qui lui demande de le protéger en échange d’être sauvé du déluge. Ce poisson qui grandit de jour en jour est placé successivement du vase, à un grand bassin et finalement dans l’océan. Dans l’année même où il aura atteint sa taille maximale, le déluge surviendra. Il demande à Manu de construire un vaisseau et de l’adorer. Une fois le déluge initié, le poisson tire le vaisseau avec ses cornes, permettant ainsi à Manu de passer par-dessus la « montagne du Nord ».

Ce poisson évoque très clairement le serpent aquatique Vritra (voir les Veda) qui fut vaincu par Indra (Enlil/Zeus) et ses compagnons appelés les Marut (au nombre de 49). Vritra tout comme Osiris (Ea/Enki) renaîtra en un serpent céleste. On qualifie Vritra de serpent du ciel, de nuage orageux qui s’allonge en rampant dans les airs. Indra frappe Vritra de son foudre et en le déchirant il donne libre cours aux eaux qui étaient enfermées dans ses flancs. La taille du serpent des airs est déterminante : l’astre orageux et perturbateur s’est rapproché de la terre et une fois suffisamment proche de celle-ci il émerge de l’océan (une image pour expliquer la montée d’un astre dans le ciel à partir de l’horizon) provoquant ainsi un raz-de-marée gigantesque.
Dans l’Edda, un recueil poétique de la mythologie nordique, on retrouve également cette symbolique dans la figure du serpent Jormungand. Le Ragnarök, la grande bataille des dieux nordiques, est annoncé par 3 années de guerre suivies d’un hiver très rude de 3 ans. Il s’en suit un terrible tremblement de terre qui brisera tous les liens. Le loup Fenrir est alors délivré de ses chaînes. Jormungand est le serpent qui provoquera le raz-de-marée sur terre et qui détruira tout. Ce serpent fut jeté dans l’océan lorsqu’il était petit. Après ce déluge, le couple Lif et Lifthrasir donnera naissance à la nouvelle lignée humaine qui repeuplera le monde. Jormungand est un serpent qui enserre Midgard de ses terribles anneaux. Ce reptile croit sans cesse (tout comme le loup Fenrir) et il devient si grand qu’il finit par se mordre la queue et entourer la terre de ses anneaux. Ce serpent vit au fond de la mer. Jormungand grandit aussi vite que son frère Fenrir. Ce dernier est un loup géant. Un des ses fils est un astre destructeur qui détruira l’humanité, comme le démontre très clairement le texte ci-dessous :

(Völuspá 40-41)
« A l’est habite la vieille
Dans la forêt du fer,
Et là elle met au monde
Les enfants de Fenrir.
Parmi eux tous,
L’un deviendra,
Sous la forme d’un monstre,
De l’astre le destructeur.
Il se rassasiera du sang.
Des hommes à la mort voués.
Il rougira de sang pourpre
La demeure des dieux.
Noirs deviendront les rayons du soleil
Tout au long des étés suivants,
Et terribles seront les tempêtes.
En savez-vous davantage, vraiment ? »
(Source : DILLMANN F-X., 1991)

Citons encore le mythe de Labbu (provenant encore d’une autre tablette de la Bibliothèque d’Assurbanipal à Ninive), un monstre aquatique à la fois un serpent et lion qui est chargé de détruire l’humanité sous l’ordre d’Enlil. Ce monstre est tué par Tišpak qui est chargé de sauver la terre et destiné à reprendre les rennes du pouvoir. La queue de Labbu balaye le tiers des étoiles. Ce mythe nous permet de conclure que 2 entités ne font qu’une seule. Il s’agit en fait des 2 visages d’une même entité destructrice : le loup/lion et le poisson/serpent qui provoqueront 2 destructions de nature différentes. Ces 2 entités ne font qu’une seule. Elles donneront naissance à 2 forces destructrices : le loup qui a brisé ses chaînes et qui a libéré sa colère et le serpent qui a atteint sa taille maximale et qui provoque le déluge.

Le faucon et le phénix sont également les 2 symboles d’un dieu colérique égyptien : Horus. Sous ses 2 aspects il est l’étoile du matin et l’étoile du soir. L’âme d’Osiris voyage à travers l’univers il renaît sous les traits d’Horus le faucon qui apporte la chaleur d’un 2ème soleil. Lorsqu’il retourne vers sa demeure, il est le phénix qui annonce le retour de la pluie. Le premier passage perturbateur aurait provoqué le déluge universel qui aurait détruit l’Atlantide. Une partie des rescapés se seraient réfugiés en Egypte comme le laisse penser le livre des morts égyptiens. Au chapitre 17, Nephtys participe au rapatriement des rescapés du déluge vers l’Egypte :

(ligne 43-48)

« Les générations cadettes sauvées pour repeupler une multitude dans le ‘Lieu du dessus-des-Eaux’ par Dieu à cet effet, les faisant arriver en deux populations meurtries et épuisées sur les terres promises que Dieu avait sauvé de l’eau dans sa Bienveillance à leur intention. Louées soient-elles, ces générations, en leur nom de ‘Survivants du Déluge!’, ainsi qu’en leur deuxième nom de ‘fils de la Triade du Couchant’ qui parviennent en la demeure de l’Alliance ». (Traduction d’Albert Slosman en 1979)

Le serpent destructeur est connu notamment sous le nom de Marduk. Ce dieu est invoqué notamment dans le célèbre poème de l’Enûma Eliŝ, l’Epopée babylonienne de la Création découverte à Ninive. Il dit que Marduk est l’enfant soleil d’Enki. C’est un dieu vengeur (tablette 3 ligne 10) tout comme Horus. Il est responsable du Déluge : il déchaîne les vents (tablette IV, ligne 96-99), qui s’engoufrent dans la bouche de Tiamat. Celle-ci éclate sous l’effet d’une flèche envoyée par Marduk. Il utilise les morceaux du corps de Tiamat pour façonner le monde. Le Poème d’Erra (un poème babylonien) complète le rôle de cette divinité dans le rôle d’un astre perturbateur. Je n’en m’en étais pas rendu compte tout de suite, mais je ce poème est une clé essentielle pour comprendre un pan entier de l’histoire des mythologies. Ce poème décrit d’une manière très précise le départ de Marduk de sa résidence ce qui a pour conséquence de provoquer le déluge. Marduk est le lien de l’univers et s’il quitte à nouveau sa résidence, l’univers se disloquera, ce qui provoquera un nouveau déluge.

« Le roi des dieux, ayant ouvert la bouche, prit la parole
Et adressa ce discours à Erra, le champion des dieux :
«Erra-le-preux, touchant l’opération que tu suggères,
Sache que déjà autrefois, pour avoir quitté ma résidence, à la suite d’une colère, j’ai provoqué le Déluge !
A peine avais-je quitté ma demeure que le lien de l’univers se défit :
Le ciel en ayant été ébranlé, des étoiles célestes la position changea sans qu’elles pussent reprendre leur place ;
L’Irkallu-infernal ayant bronché, le produit des sillons s’amenuisa, rendant désormais difficile la subsistance ;
Le lien de l’univers défait, la nappe-souterraine baissa et le niveau des eaux descendit !
A mon retour je vis comme il était malaisé de tout raccommoder !
Le croît des êtres vivants était tombé, et je ne pus le restaurer
Sans me charger, en personne, comme un paysan, de leur réensemencement !
Je fis donc reconstruire mon temple, pour m’y réinstaller.
Or, ma précieuse-image, maltraitée par le Déluge, avait son aspect terni !
Pour faire rebriller mes traits et nettoyer ma tenue, je recourus au feu.
Lorsqu’il eut achevé son travail et fait (à nouveau) resplendir ma précieuse-image,
Et que, m’étant recoiffé de ma couronne impériale, je fus revenu à ma place,
Mes traits étaient altiers, mon regard fulgurant !
Les hommes qui, échappés au Déluge, ont été les témoins de cette opération,
Te laisserai-je tirer les armes pour en anéantir la descendance ? »
(Le poème d’Erra, traduction provenant de LENORMANT F., 2001)

Marduk prévient Erra qu’autrefois pour avoir quitté sa demeure il a provoqué le déluge. Ce poème est étonnant dans le sens où il précise que le déluge peut se répéter une seconde fois.  Lorsque Marduk remplace Enlil dans l’Esagil, Erra lui promet qu’il peut à nouveau quitter sa demeure sans provoquer de déluge. Marduk le croit et des nouvelles catastrophes naturelles s’abattent sur terre. Le texte décrit les nombreuses destructions des villes de la Mésopotamie. On explique que Babylone est soumise à une révolte de la population « contre le gouverneur ». Nous retrouvons d’une manière très insistante l’arrogance et la violence d’Erra à la suite de ce bouleversement qui se considère alors comme le dieu unique et le maître du monde. Le poème d’Erra n’est pas le seul texte mythologique qui nous dévoile qu’il y a eu plusieurs grandes destructions sur terre. Le Codex mexicain Telleriano Remensis indique que la destruction du monde eu lieu 3 fois.

« Une fois tous les 4 ans, il y a un jeûne de 8 jours, en mémoire de ce que le monde a péri 3 fois. » (LENORMANT F., 2001).

A la vue des différents récits du déluge, on constate qu’ils s’orientent de manière quasi universelle sur la construction d’une embarcation chargée de sauver Noé et une partie des êtres vivants de la terre. Les causes qui sont invoquées telles que la méchanceté de l’homme, le non respect des dieux sont souvent de nature à culpabiliser l’homme. Elles ont tendance également à considérer les récits comme moralisateurs et permettent d’une certaine manière d’écarter les véritables questionnements sur l’origine céleste de cette catastrophe. Il faut probablement lier en partie un oubli de l’humanité sur les récits du déluge, étant donné la quasi destruction de l’espèce humaine. De plus comme le signale les nombreux textes, Noé fut écarté de l’humanité ce qui ne lui permis pas à la nouvelle humanité de comprendre les mécanismes célestes du déluge.

L’implication de Vénus reste encore à l’actuelle une idée nouvelle, peu considérée par les scientifiques. Les raisons traditionnelles pour expliquer le déluge évoquent notamment le volcanisme, la venue sur terre d’un astéroïde gigantesque et encore la précession des équinoxes comme explication des périodes de glaciation et de dégel. Néanmoins la théorie qui implique un changement d’orbite de Vénus et son implication dans plusieurs déluges a pour mérite de reconsidérer les mythologies qui sont encore à l’heure actuelle trop peu envisagées comme piste de recherche, au regard des informations qu’elles contiennent sur nos origines. C’est pour quoi l’étude approfondie des textes anciens combinée à la méthodologie scientifique mérite toute notre attention. Cet article n’a pour effet qu’une pierre lancée dans un vaste océan tant les sources sont nombreuses et variées. Je ne pourrais pas m’attarder ici plus longtemps, le temps me fait défaut, et il y a encore tant d’autres faits importants à éclaircir. Néanmoins il a de fortes chances pour que de nouvelles recherches m’amènent encore à compléter dans de nombreux nouveaux articles cette vision nouvelle, tant les mythes du monde tournent autour de ce cataclysme…

Sources bibliographiques
– ASTER., 2005. Le Déluge et ses récits : points de vue sémiotiques. Presses de l’Université Laval. 190 p.

– AUERBACH L & al., 2004. Encyclopédie de la Mythologie.Parragon Books Ltd, Royaume-Uni. 320 p.

– BAILEY G., CARDEN M., CLARKE P. & al., 2006. Mythologie : mythes et légendes du monde entier. Ed. de Lodi, Paris.

– BAUDRY G-H., 2000. Le péché dit originel. Editions Beauchesne. 411 p.
BOMPART-PORTE M., 2009. Si je t’oublie Ô Babylone… Le meurtre de masse du néolithique au monde mésopotamien. Harmattan. 320 p. 

– BOTTERO J. & KRAMER S. N., 1993. Lorsque les dieux faisaient l’homme. Editions Gallimard. 755 p.
– CAPART A. et D. 1986. L’homme et les déluges. Bulletins et Mémoires de la Société d’anthropologie de Paris. Volume 3, Numéro 3-3. pp. 194-196.
– DILLMANN F-X., 1991. L’Edda, récits de mythologie nordique par Snorri Sturluson. Gallimard, Paris. Pp. 41-42.
– DOMENY DE RIENZI G-L., 1836. Océanie ou 5ème partie du monde : revue géographique et ethnographique de la Malaisie, de la Micronésie, de la Polynésie, et de la Mélanésie ; offrant les résultats des voyages et des découvertes de l’auteur et de ses devanciers, ainsi que ses nouvelles classifications et divisions de ces contrées. Volume 2. Firmin Didot, Paris. 447 p.
– DURAND-FOREST J. & SOUSTELLE J., 1995. Mille ans de civilisations mésoaméricaines : Des Mayas aux Aztèques. L’Harmattan. 268 p.
– FAIVRE D., 2007. Mythes de la genèse, genèse des mythes. L’Harmattan. 281 p.
– FERRE J., 2003. Dictionnaire des mythes et des symboles. Editions du rocher. 989 p.
– LENORMANT F., 2001. Histoire ancienne de l’Orient jusqu’aux guerres médiques. Tome 1. BookSurge Publishing. 510 p.
– MABIRE J., 1999. La légende de la mythologie nordique. Ancre de Marine, Louviers, France. 277 p.
– MEREJKOVSKI D., 1995. Atlantide-Europe : les mystères de l’Occident. Body, Mind & Spirit. 417 p.
– NOUGAYROL J., 1960. Nouveaux textes accadiens de Ras Shamra. Comptes-rendus des séances de l’Académie des Inscriptions et belles-Lettres. Volume 104, Numéro 1. pp. 163-171.
– PARKS A., 2007. Les chroniques du Gírkù. Ádam Genesis. Editions Nouvelle Terre. 516 p.

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Journée mondiale des enfants partis trop tôt | La Fondation Zanmi Timoun, appelle l’État à assumer ses responsabilités

Dans une note de presse, la Fondation « Zanmi Timoun » manifeste vivement sa préoccupation par la situation des mortinatalités qui accroissent dans le pays par des évènements barbares. Le contexte sociopolitique, sécuritaire et sanitaire qui séjourne depuis quelques temps en Haïti s’amplifient, la population fait face à un ensemble de problèmes principalement les femmes enceintes et les enfants. L’affaiblissement du système sanitaire est l’un des facteurs préoccupants pour la santé des nouveau-nés et de leurs mamans. A l’occasion de la journée mondiale des enfants partis trop tôt, célébrée le 12 décembre depuis 1997, la Fondation « Zanmi Timoun » profite de cette opportunité pour déplorer le départ de tous les enfants qui sont morts prématurés et de sensibiliser la population haïtienne sur le deuil prénatal. L’étendu des périodes d’instabilités qui jalonne le pays nous condamne à des scénarios catastrophiques sur le plan humain. Ces évènements ont un impact négatif sur la vie sociale des haïtiens et des haïtiennes. Par conséquent, l’investissement humanitaire est de plus en plus appauvri, ce qui amène à une défaillance du système sanitaire. Avec la diminution à l’accès difficile aux soins de santé pour la population qui vivent dans des conditions misérables, la majeure partie des femmes enceintes sont obligées d’aller en République Dominicaine et fort souvent en situation irrégulière. Ce qui a provoqué des déportations massives des femmes enceintes et d’autres fraichement accouchés avec leur bébé dans l’irrespect total des normes établis au niveau international en matière des droits humains. Par conséquent, plusieurs d’entre elles ont perdus leur vie et celle de leur bébé.

À cela s’ajoute, la rareté de carburant et la hausse de l’insécurité causant de nombreuses victimes, tant des hommes que des femmes. Ces dernières parfois enceintes perdent leur bébé et fort souvent leur vie mais aussi des enfants ayant une santé fragile perdent leur vie par rapport à l’inaccessibilité aux soins de santé. Dans les articles 24 et 25 de la Convention internationale relative aux droits de l’Enfant, à laquelle Haïti est adhérée, certaines obligations liées à la santé et au développement des enfants y sont spécifiées ; n’empêche que les autorités étatiques ne se préoccupent des crises sociopolitiques et sanitaires. Ce qui affecte considérablement la jouissance des droits humains en général et les droits de l’Enfant en particulier dans le pays.
De plus, la mortalité infantile est extrêmement élevée en Haïti, notamment en raison des complications pendant la grossesse, par manque de neuropédiatrie, la plupart de ces professionnels ont fui le pays en raison de l’instabilité politique et d’absence de sécurité chronique. D’autre part, l’augmentation des conflits armés dans les quartiers populaires de la région métropolitaine de Port-au-Prince provoquent la mort de dizaine d’enfants de tout âge sous le regard impuissant de leurs parents. Ainsi, on a répertorié récemment la mort de la petite fille de 7 ans, Morency Hadassa, le jour même de son anniversaire, la mort d’une femme touchée par 7 projectiles enceinte de son bébé qui a été touché par deux projectiles, il y a quelques mois, pour ne citer que cela.
La journée du 12 décembre est consacrée aux enfants qui ont vécu une vie assez courte dans des circonstances tragiques comme de la maladie génétique héréditaire, de la malformation du tube neural, des complications tardives pendant la grossesse (fausse couche) et même des guerres entre les groupes armés. La Fondation « Zanmi Timoun » veut attirer l’attention de la communauté haïtienne principalement les autorités étatiques sur la situation actuelle des enfants et des femmes en Haïti. Des dispositions doivent prendre afin de venir en aide aux femmes victimes qui ont vécu des évènements douloureux dans les quartiers populaires et bidonvilles se trouvant sous le control des groupes armés dans le pays.
Le ministère de la santé publique devrait pencher sur les conditions sanitaires du pays afin d’améliorer les services d’hygiènes et de santé pour les femmes en pleine ceinture. La Fondation « Zanmi Timoun » encourage le gouvernement de la République à favoriser un accès aux équipements sanitaires, en mettant en place un système multidimensionnel qui accompagne de manière physique et psychologique les femmes enceintes sur tout le territoire du pays. Il en est de même, un accompagnement psychologique et économique est nécessaire pour les femmes victimes de violences et des enfants mères à la suite des cas de viols et de viols collectifs dans le pays.

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, testé positif au Covid-19

Le président sud-africain, Cyril Ramaphosa, a été testé positif au Covid-19 ce dimanche et placé en isolement, a annoncé la présidence dans un communiqué.

«Le président Cyril Ramaphosa reçoit un traitement pour des symptômes légers du Covid-19 après avoir été testé positif au virus aujourd’hui», a précisé la présidence. Le nouveau variant Omicron a été détecté le mois dernier en Afrique du Sud, pays africain officiellement le plus touché par la pandémie.

Circoncision masculine : contexte, critères et culture

La circoncision masculine est l’une des interventions chirurgicales les plus anciennes et les plus courantes qui soient connues ; elle est entreprise généralement pour marquer son identité culturelle ou son appartenance religieuse.

Sur le plan historique, la circoncision masculine était pratiquée parmi les anciennes populations sémitiques, notamment chez les Egyptiens et les personnes de confession juive, les plus anciennes peintures mentionnant la circoncision dans un temple et sur des peintures murales égyptiens remontant à environ 2300 av. J.-C.

Avec les progrès de la chirurgie au XIXe siècle et la mobilité croissante du XXe siècle, l’intervention a été introduite dans certaines cultures qui ne la pratiquaient pas auparavant, pour des raisons à la fois sanitaires et sociales.

Selon les estimations actuelles, quelque 30% de tous les hommes à travers le monde – à savoir environ 670 millions d’hommes – sont circoncis. Sur ce nombre, environ 68% sont de confession musulmane, moins de 1% de confession juive et 13% sont des Américains non musulmans et non juifs.

Pratiques religieuses

Dans la religion juive, les bébés de sexe masculin sont traditionnellement circoncis le huitième jour après la naissance, à condition qu’il n’y ait aucune contre-indication médicale. La circoncision est justifiée, dans le livre saint juif la Torah, par l’alliance conclue entre Abraham et Dieu, dont le signe extérieur est la circoncision de tous les juifs de sexe masculin. La Torah spécifie : « Voici l’alliance que vous avez à garder, alliance établie entre moi et vous, et tes descendants après toi : tout mâle parmi vous devra être circoncis » (Genèse 17:10). La circoncision masculine reste pratiquement universelle parmi les populations juives.

L’Islam est le plus grand groupe religieux à pratiquer la circoncision masculine. Comme dans la foi d’Abraham, les populations musulmanes pratiquent la circoncision pour confirmer leur rapport à Dieu et la pratique est également connue sous le nom de ‘tahera’, qui signifie purification. Avec la propagation mondiale de l’Islam dès le VIIe siècle après Jésus-Christ, la circoncision masculine est largement adoptée dans des peuples qui ne la pratiquaient pas jusqu’alors. L’âge de la circoncision n’est pas clairement défini dans l’Islam, mais le prophète Mahomet a recommandé qu’elle soit pratiquée à un âge précoce et il aurait circoncis ses propres fils sept jours après leur naissance. De nombreux Musulmans la pratiquent donc à ce moment-là, mais un Musulman peut être circoncis à n’importe quel âge entre la naissance et la puberté.

Les Chrétiens coptes d’Egypte et les Chrétiens orthodoxes d’Ethiopie – deux des plus anciennes formes survivantes du Christianisme, pratiquent la circoncision masculine qui n’est pas prescrite dans les autres formes de Christianisme. Dans le Nouveau Testament, Saint Paul écrit : « …en Jésus-Christ, ce qui a de la valeur, ce n’est ni la circoncision ni l’incirconcision… » (Galates 5:6) et une Bulle papale publiée en 1442 par l’Eglise catholique romaine souligne que la circoncision masculine n’est pas nécessaire : « Par conséquent elle ordonne strictement à tous ceux qui se glorifient du nom de Chrétiens, de ne pratiquer la circoncision ni avant ni après le baptême, car qu’ils y placent ou non leur espérance, elle ne peut être pratiquée sans perdre le salut éternel ». Des discussions sur la circoncision masculine tenues dans des groupes thématiques en Afrique subsaharienne ne sont pas parvenues à un consensus clair sur la compatibilité de la circoncision masculine avec la foi chrétienne.

Certaines églises chrétiennes en Afrique du Sud s’y opposent, la considérant comme un rituel païen, alors que d’autres, dont l’église Nomiya au Kenya, exigent la circoncision pour être admis dans la congrégation et les participants de groupes thématiques en Zambie et au Malawi ont mentionné des croyances analogues, affirmant que les Chrétiens doivent pratiquer la circoncision puisque Jésus lui-même était circoncis et que la Bible enseigne la pratique.

Ethnicité

La circoncision est pratiquée pour des raisons non religieuses depuis des milliers et des milliers d’années en Afrique subsaharienne ainsi que dans de nombreux groupes ethniques partout dans le monde notamment chez les Aborigènes australasiens, les Aztèques et les Mayas dans les Amériques, parmi les habitants des Philippines et de l’Est de l’Indonésie ainsi que dans diverses îles du Pacifique, dont Fidji et la Polynésie.

Dans la majorité de ces cultures, la circoncision fait partie intégrante des rites de passage vers l’âge adulte, mais à l’origine, elle pourrait bien avoir été un test de bravoure et d’endurance. « La circoncision est également associée à des facteurs tels que la masculinité, la cohésion sociale entre garçons du même groupe d’âge qui sont circoncis en même temps, l’identité et la spiritualité, » explique le Dr Hankins.

L’ethnographe Arnold Van Gennep dans son ouvrage de 1909 ‘Les Rites de Passage’, décrit divers rites d’initiation présents dans de nombreux rituels de circoncision. Ces rituels comportent trois étapes : la séparation du reste de la société ; une période durant laquelle le néophyte subit sa transformation ; et enfin la réintégration dans la société dans un nouveau rôle social.

Ce processus s’explique sur un plan psychologique, car l’ambiguïté dans les rôles sociaux crée des tensions et une reclassification symbolique est nécessaire lorsque les individus s’approchent de cette transition entre la période où ils sont définis comme des enfants et celle où ils sont définis en tant qu’adultes. Cette explication est renforcée par le fait qu’un grand nombre de ces rituels attachent une signification particulière à la circoncision qui justifie son but dans ce contexte, » dit encore le Dr Hankins. Par exemple, certains groupes ethniques dont les Dogon et les Dowayo d’Afrique de l’Ouest et les Xhosa d’Afrique du Sud considèrent le prépuce comme l’élément féminin du pénis, dont l’ablation (couplée à diverses épreuves) fait de l’enfant un homme.

La tradition joue un rôle majeur pour de nombreux groupes ethniques. Parmi les populations de l’Etat de Bendel, au sud du Nigéria, 43% des hommes déclarent que leur motivation pour la circoncision, c’est le maintien des traditions. Dans certaines sociétés où la circoncision est la norme, les hommes non circoncis sont ostracisés. Pour les tribus Lunda et Luvale en Zambie, ou les Bagisu d’Ouganda, il est inacceptable de rester non circoncis, à un point où la circoncision forcée des garçons plus âgés n’est pas rare. Parmi les Xhosa d’Afrique du Sud, les hommes qui n’ont pas été circoncis peuvent subir des formes extrêmes de punition, dont des brimades et des coups.

La circoncision en tant qu’affirmation sociale

Les raisons sociales entourant la circoncision masculine sont de plus en plus courantes. Selon le Dr Hankins, « Le désir de se conformer est une motivation importante dans les endroits où la majorité des garçons le sont. »

Une enquête conduite à Denver, Etats-Unis, où la circoncision a lieu peu après la naissance, a relevé que les parents, en particulier les pères, des garçons nouveau-nés, donnent une raison sociale comme déterminant principal du choix de la circoncision (p. ex. ne voulant pas que le fils ‘ait l’air différent’ de son père).

Aux Philippines, où la circoncision est pratiquement universelle et a lieu généralement entre 10 et 14 ans, une enquête parmi des garçons a montré que deux tiers des participants à l’étude avaient choisi d’être circoncis simplement ‘pour éviter de ne pas être circoncis’, et 41% estimaient que cela faisait ‘partie de la tradition’. Les préoccupations sociales semblent également être la raison première de la circoncision en Corée du Sud où 61% de répondants d’une étude estiment qu’ils seraient tournés en ridicule par leurs pairs s’ils n’étaient pas circoncis.

Ce désir ‘d’appartenance’ est probablement aussi le principal facteur expliquant les forts taux de circoncision chez les hommes adultes parmi les immigrants vers Israël venus de pays qui ne pratiquent pas la circoncision (principalement les pays de l’ex-Union soviétique).

Dans plusieurs pays, des facteurs économiques influencent également la prévalence de la circoncision, notamment les pays où la pratique est plus récente comme les pays industrialisés de langue anglaise. Au début de la circoncision au Royaume-Uni, vers la fin du XIXe et le début du XXe siècle, c’est dans la haute société qu’elle était le plus répandue. Aux Etats-Unis, un examen des 4,7 millions de nouveau-nés circoncis dans l’ensemble du pays entre 1988 et 2000 a aussi trouvé une association significative avec l’assurance privée et un statut socio-économique élevé.

Avantages sanitaires et sexuels perçus

Plus récemment, la pratique de la circoncision dans le monde industrialisé s’est accrue parce qu’on a pensé qu’elle apportait une meilleure hygiène et réduisait les risques d’infection.

Aux Etats-Unis en 1983, une étude sur des nouveau-nés a montré que les mères citaient l’hygiène comme premier facteur déterminant leur choix de la circoncision pour leurs fils et au Ghana, la circoncision masculine est considérée comme une purification de l’enfant après la naissance.

L’amélioration de l’hygiène est également citée par 23% de 110 garçons circoncis aux Philippines et en Corée du Sud, les principales raisons données en faveur de la circoncision étant ‘l’amélioration de l’hygiène pénienne’ (71% et 78% respectivement) et la prévention de maladies telles que le cancer du pénis, les maladies sexuellement transmissibles et le VIH. Dans la Province de Nyanza, au Kenya, 96% des hommes non circoncis et 97% des femmes, quelle que soit leur opinion concernant la circoncision masculine, affirment être convaincus qu’il est plus facile de rester propre pour un homme circoncis.

Une amélioration perçue de l’attirance et de la performance sexuelles peut également motiver la circoncision. Une enquête parmi des garçons aux Philippines a révélé que 11% d’entre eux pensaient que les femmes préfèrent avoir des rapports sexuels avec un homme circoncis et que c’était là une des raisons de le faire et 18% des hommes participant à une étude en Corée du Sud affirmaient que la circoncision pouvait augmenter le plaisir sexuel. Dans la Province de Nyanza, au Kenya, 55% des hommes non circoncis pensaient que les femmes préfèrent les rapports sexuels avec des hommes circoncis. De même la majorité des femmes le pensaient, même s’il est probable que la plupart des femmes de Nyanza n’ont jamais eu de relations sexuelles avec un homme circoncis. Dans le nord-ouest de la Tanzanie, des hommes plus jeunes associaient la circoncision au plaisir sexuel accru pour les hommes comme pour les femmes et dans le district de Westonaria, en Afrique du Sud, la moitié des hommes environ déclaraient que les femmes préféraient des partenaires circoncis.

Les estimations mondiales de 2006 suggèrent que 30% environ des hommes — soit un total approximatif de 670 millions d’hommes — sont circoncis.

LE SAVIEZ-VOUS ? | UNE PIEUVRE POSSÈDE 3 CŒURS, 8 BRAS ET 9 CERVEAUX

Les pieuvres ou poulpes sont des animaux de la famille des Octopidades. Leurs principales caractéristiques sont les suivantes : elles disposent de huit tentacules qui, chacune d’elles peut compter jusqu’à 200 ventouses, elles ont des terminaisons nerveuses qui assurent un sens tactile, leurs corps sont entièrement mous, excepté la partie de leur bouche qui sont équipée d’un bec semblable à celui d’un perroquet et possèdent deux cœurs, voire trois pour certaines espèces.

Le cœur principal ou « systémique » est relayé par deux petits cœurs branchiaux qui pompent le sang oxygéné par les branchies. La pieuvre a le sang bleu et non rouge comme chez les vertébrés à cause de l’absence d’hémoglobine qui est remplacée par l’hémocyanine.

Elles sont capables de changer de couleur en fonction de  leur environnement afin de passer inaperçues dans les fonds marins.

Avec ses neuf cerveaux, huit bras, trois cœurs et son système nerveux et neuronal hypercomplexe, la pieuvre n’en finit pas de fasciner les chercheurs. Et de les surprendre. Non seulement par son intelligence et ses aptitudes cognitives mais aussi par ses fonctionnements physiologiques. Dernières découvertes en date à son propos: ses ventouses gustatives ainsi que ses tentacules capables de sentir la lumière et d’y réagir.

Le cerveau central contient 10% des neurones, les deux lobes oculaires en contiennent 30% et les tentacules en abritent 60%. On considère qu’ils possèdent donc neuf cerveaux : un ensemble cérébral dans le corps principal et huit minis cerveaux dans les tentacules.

De plus, alors que chaque bras est capable d’agir indépendamment – capable de goûter, de toucher et de bouger – le cerveau centralisé est également capable d’exercer un contrôle descendant » sur les cerveaux miniatures. Le poulpe a donc une structure cérébrale à la fois localisée et centralisée.

Journée mondiale de lutte contre le sida | Connaissez-vous vraiment le VIH ?

La Journée mondiale de lutte contre le sida est organisée chaque année le 1er décembre afin de sensibiliser à l’importance d’apporter un soutien aux personnes vivant avec le VIH/sida et de rendre hommage à ceux et celles qui ont perdu la vie à cause de celui-ci.

Cette année, ONUSIDA met l’accent sur l’éradication urgente des inégalités qui alimentent l’épidémie de sida et d’autres pandémies à travers le monde.

Sans actions audacieuses contre les inégalités, le monde risque de manquer les cibles pour :

  • mettre fin au sida d’ici 2030;
  • voir un enlisement de la pandémie de COVID-19;
  • subir une crise sociale et économique hors de contrôle.

La menace du VIH plane toujours sur l’humanité 40 ans après le signalement des premiers cas de sida. Aujourd’hui, l’engagement de mettre fin au sida à l’horizon 2030 est en retard. Ce retard n’est pas imputable à un manque de connaissances ou d’outils pour vaincre le sida, mais à des inégalités structurelles qui entravent les solutions efficaces de prévention et de traitement du VIH.

La journée mondiale de lutte contre le sida est l’occasion de montrer les conséquences du manque d’information sur le virus, notamment chez les jeunes.

Connaissez-vous vraiment le VIH ?

On guérit aujourd’hui du VIH : ❌

C’est faux, on ne guérit pas du VIH. Il n’existe pas encore de vaccins. Les traitements sont à prendre quotidiennement, et à vie, mais sont très efficaces. Ils peuvent notamment rendre la charge virale indétectable, il n’y a presque plus de virus dans le corps. Il est alors possible d’avoir des relations sexuelles sans préservatif. 

Même sous traitement, l’espérance de vie est considérablement réduite : ❌

Si la personne porteuse du VIH est sous traitement et que sa charge virale est indétectable, son espérance de vie est quasiment égale à une personne non contaminée.

On guérit aujourd’hui du VIH : ❌

C’est faux, on ne guérit pas du VIH. Il n’existe pas encore de vaccins. Les traitements sont à prendre quotidiennement, et à vie, mais sont très efficaces. Ils peuvent notamment rendre la charge virale indétectable, il n’y a presque plus de virus dans le corps. Il est alors possible d’avoir des relations sexuelles sans préservatif. 

Même sous traitement, l’espérance de vie est considérablement réduite : ❌

Si la personne porteuse du VIH est sous traitement et que sa charge virale est indétectable, son espérance de vie est quasiment égale à une personne non contaminée.

Je peux être contaminée lors d’un rapport sexuel oral : ✅

La réponse est oui. Pour rappel, les liquides contaminants sont : les secrétions sexuelles, le lait maternel et le sang. La bouche peut donc être une porte d’entrée du virus, à cause des microcoupures, donc dans le cas d’un rapport non-protégé avec une personne qui n’est pas sous traitement, ou pas diagnostiquée. 

Il existe un traitement d’urgence : ✅

Il existe un traitement post-exposition (TEP), à prendre dans les 48h (72h maximum) après une relation sexuelle à risque. Plus le traitement est pris vite, plus le risque d’être infecté diminue

Il est impossible de mettre fin à l’épidémie de VIH : ❌

C’est possible, l’ONU s’est fixé l’objectif de 2030. Avec le traitement, une personne séropositive ne transmet plus le virus. Donc si chaque personne séropositive est dépistée et traitée, la transmission du virus est enrayée.

NÉE HOMME, UNE FEMME TRANSGENRE VEUT ÊTRE RECONNUE COMME MÈRE DE SON ENFANT

La Cour d’appel de Toulouse examine aujourd’hui le cas d’une femme transgenre qui se bat pour être inscrite comme mère sur l’acte de naissance de son enfant. 

Pourtant parent biologique, Claire (prénom modifié) ne figure pas sur l’acte de naissance de sa fille. Née homme, cette femme transgenre de 52 ans se bat depuis des années pour être reconnue administrativement comme la mère de son enfant. La cour d’appel de Toulouse a examiné son dossier ce mercredi 1er décembre, et fixé la date de délibéré au 9 février.

Claire a été reconnue femme à l’état-civil en 2011. Elle a conçu sa fille avec son épouse, la mère de ses deux premiers enfants, après ce changement, mais avant d’être opérée dans le cadre de sa transition. Avant la naissance de la petite, en 2014, le couple avait déjà engagé des démarches légales pour que Claire puisse apparaître comme mère sur les registres de l’état-civil. Mais, à l’époque, seul le statut de père lui a été proposé, malgré son identité féminine officiellement reconnue depuis plusieurs années.

Refusant d’apparaître en tant que père de sa fille, Claire s’était vue par la suite conseillée de passer par une procédure d’adoption. «Inimaginable, selon Clélia Richard, son avocate. Elle ne pouvait pas adopter un enfant qu’elle avait conçu». Cette dernière déplore le vide juridique auquel sa cliente se trouve confrontée. «Si elle est femme à l’état-civil et si elle est parent biologique de l’enfant, c’est évident, elle doit figurer comme mère sur l’acte de naissance», martèle-t-elle.

«Le lien biologique est là, insiste l’avocate. Le législateur n’est pas en phase avec la réalité et les magistrats viennent pallier les carences d’une loi incohérente». Clélia Richard demande à la cour de faire preuve de «cohérence» et de «logique», ajoutant qu’un tel jugement «serait une première en France et, par rapport aux pays européens, on retrouverait notre rang de pays des droits humains».

«UN COUPLE TRÈS UNI»

Jusqu’ici, Claire et son épouse, qui sont mariées depuis 1999, ont été ballotées de juridiction en juridiction. En 2016, un tribunal à Montpellier a rejeté leur demande en première instance. En 2018, la cour d’appel de Montpellier a accordé le statut de «parent biologique» à Claire, un jugement inédit mais par la suite cassé par la cour de cassation. Selon cette dernière, le droit français n’admet que les statuts de «père» ou «mère».

RESPECT DES DROITS DE L’HOMME, « AMNISTIE GÉNÉRALE », GARDER LES AÉROPORTS OUVERTS : Telles sont les PROMESSES DES TALIBANS À L’UE

Lors d’une rencontre à Doha (Qatar) avec des représentants de l’Union européenne, ils se sont engagés à permettre le départ de ceux qui le souhaitent et à respecter leur promesse « d’amnistie générale » pour les Afghans qui ont travaillé contre eux pendant les deux décennies de domination occidentale.

«La délégation afghane a confirmé son engagement à garantir et à faciliter le passage en toute sécurité des ressortissants étrangers et des Afghans qui souhaitent quitter le pays», a déclaré dans un communiqué le service diplomatique de l’UE. Les talibans ont à ce titre demandé une aide européenne pour «maintenir les opérations des aéroports».

Sur le plan intérieur, la délégation afghane s’est engagée à faire respecter leur promesse d’«amnistie générale» pour les fonctionnaires afghans qui ont travaillé contre eux pendant les deux décennies de domination occidentale, jusqu’au retrait précipité des Etats-Unis en août dernier.

Ballon d’Or | Robert Lewandowski sacré meilleur buteur de l’année

Auteur de 52 réalisations en 56 matches disputés avec le Bayern Munich et la Pologne en cette année 2021. Dans le cadre de la cérémonie de remise du 65e Ballon d’Or ce lundi soir, Robert Lewandowski a remporté le trophée de meilleur buteur.

Le beau message de Lionel Messi à Robert Lewandowski

« Je voulais dire à Lewandowksi qu’il est un vrai gagnant, j’ai beaucoup aimé me battre contre lui. Tout le monde était d’accord que tu étais le gagnant de l’an dernier. Tu l’as gagné l’an passé, j’espère qu’on va te le donner, car tu l’avais mérité. Tu mérites de l’avoir chez toi », a ainsi déclaré Lionel Messi.

Hold the Vision, Trust the Process